Cancale Live

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ATTENTION PEINTURE FRAÎCHE !

Vous avez été 149 à participer au financement participatif dédié à la repeinte du bateau et 48 à vous être portés volontaires pour œuvrer lors du chantier coopératif.

L’argent récolté nous a permis de financer 78 litres de peinture, 22 rouleaux et pinceaux, 12 burettes d’huile de coude, 96 mètres carré de bâche et de rémunérer justement un chef de chantier.

Sous un soleil radieux, le chantier s’est déroulé du dimanche 26 mars au mardi 4 avril. La Péniche Cancale est désormais d’un joli bleu canard, turquoise et marine !

Un grand merci à vous et à l’entreprise PPG pour leur don de peinture !

INTERVIEW | JIM MURPLE MEMORIAL
À LA RECHERCHE DU SON PERDU

Jim Murple Memorial est né en 1996 à Montreuil. R&B jamaïcain, calypso, rocksteady, la formation composée de 7 musiciens, reprend à sa création des standards des années 50-60. Dès le deuxième album ils se tournent vers la production et rendent hommage à ce son rétro, perdu quelque part entre la Nouvelle-Orléans et Kingston, à la fois rock n’roll Caraïbes, soul créole et reggae. En 20 ans de carrière, le groupe a vu défilé une vingtaine de musiciens différents, sans jamais perdre de son essence. Rencontre avec Romain, le dernier membre originel de Jim Murple, guitariste et désormais batteur du groupe.

Est-ce que Jim Murple existe ?
Non, c’est un personnage que nous avons inventé. La culture des membres du groupe à l’époque, c’était surtout des chanteurs pas connus, qui avait jamais eu une grande audience en France. Par contre ce sont des gens qui avaient inspiré les Stones, les Beatles… Donc on a voulu créé ce personnage qui honore la mémoire des musiciens inconnus.

Justement, votre musique est un savant mélange de styles peu connus…
C’est vrai, d’ailleurs au départ il y avait pas mal de gens qui pensaient qu’on était une réédition d’un groupe des années 60, alors qu’on jouait déjà nos propres morceaux.

Le groupe est une formation à géométrie variable, comment ça se passe au niveau de l’écriture ?
On a la chance d’avoir notre propre studio d’enregistrement depuis 98, ce qui nous a permis de produire, dès qu’on en avait envie. C’est vraiment un art de vivre pour nous. Le travail est collectif : chacun amène des idées puis on travaille les arrangements. Dans notre registre la musique est simple mais il faut trouver les bonnes accroches mélodiques. Il y a aussi du rebut faut pas croire ! Quand on sort 15 morceaux, on en a enregistré 20 ou 25. On essaie de garder le projet collectif, pour moi c’est presque l’humanité du futur… Ça n’a pas toujours été simple ; dès qu’un musicien partait, il fallait trouver quelqu’un pour le remplacer dignement, pour que le projet reste sincère. Heureusement il y a cette force collective, qui fait du bien, qui réunit les gens.

Célia, la nouvelle chanteuse de Jim Murple remplace en fait sa mère, Nanou, c’est bien ça ?
Oui, c’est une histoire assez folle d’ailleurs ! Nanou était ma compagne quand on a créé le groupe, et Célia, qui est une de nos deux filles est née l’année de la création du groupe. Elle a donc toujours vécu Jim Murple. Le projet a failli s’arrêter quand Nanou a annoncé son départ, mais Célia a pris conscience que ça la branchait. Elle avait 17 ans à l’époque. On a trouvé une méthode de travail et les musiciens étaient motivés. Grâce à elle, l’histoire a rebondit. D’ailleurs, on sort un nouvel album le 28 avril, le 8ème.

Enregistrement en mono, utilisation exclusive d’instruments… Vous avez une approche très old-school de la production. Quel regard portez-vous sur les évolutions de ces vingt dernières années ?
On est en train de faire passer la musique analogique pour un hobby. Les vrais pros de la musique actuelle sont les djs qui, grâce à l’outil informatique n’ont plus besoin de personne. Mozart aujourd’hui ne s’embêterait pas avec des musiciens, il bosserait tout seul chez lui à partir de samples… On est dans une orientation individualiste où tout le monde connait tout mais personne n’a rien vu. Notre spectacle c’est un rappel à l’ordre des choses simples, essentielles, qui sont le fondement.

D’où vient cet attrait pour les esthétiques rétro : R&B jamaïcain, calypso, reggae.. ?
Ce qui nous plaît c’est d’abord l’esprit populaire et très emprunt de culture de ces musiques. Elles sont le fruit d’une fusion qui s’est opérée entre les peuples, une tentative de cohésion et de compréhension. La musique a un potentiel extraordinaire pour fédérer les gens entre eux. Au fond il s’agit toujours d’une histoire de transe… Tout le monde est un peu inhibé au quotidien, c’est pas tous les jours samedi ! Le travail des artistes est de rendre le terrain fertile à la rencontre. La transe est là pour créer cette ouverture, à travers le rythme, la mélodie et l’excellence.

> Jim Murple Memorial seront en concert à bord de la Péniche Cancale le jeudi 22 juin.