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HARLEIGHBLU, STAR MONTANTE DE LA SOUL | INTERVIEW

Souvent comparée à Amy Winehouse pour la puissance de sa voix, à tout juste 25 ans, HarleighBlu s’est déjà fait un nom sur la scène européenne. Avec 3 albums au compteur, l’artiste navigue entre soul, pop romantique, musique électronique et trip hop au gré de ses collaborations. Rencontre avec une jeune prodige de la soul.

Tu as commencé la musique très jeune, quel a été le déclic ?
J’ai toujours baigné dans la musique, d’abord grâce à ma maman qui possède une énorme collection de vinyles soul, jazz, reggae… Petite, j’essayais toujours de copier ce que j’entendais. C’est elle qui m’a encouragé à vivre cette passion, et j’ai donc commencé à travailler avec des producteurs lorsque j’avais 7 ans. Nous avons un studio d’enregistrement à Nottingham au sein d’une MJC, qui tente de garder les enfants hors des rues et de les occuper en faisant de la musique. Là bas, j’écrivais des paroles et chantait sur les morceaux produits par de jeunes beatmakers et rappeurs comme Scorzayzee, alors âgés de 16 ans. Je n’aurai probablement pas été une artiste si je n’avais pas eu la chance de grandir dans cet endroit.

Tu es à moitié jamaïcaine, est-ce que cet héritage se reflète dans ta musique ?
Ce serait faux de répondre non à cette question, car cela fait partie intégrante de moi, à commencer par mes cheveux (ndlr : elle porte des dreads depuis son adolescence).

Tu t’es toujours entourée de nombreux producteurs, quelle est la genèse des ces collaborations ?
Internet a rendu les choses tellement accessibles ! À l’époque où j’ai sorti Forget Me Not, c’est le producteur de l’Ep qui m’a fait écouté 12 reasons to die de Ghostface Killah produit par Adrian Younge et j’ai tout de suite appelé ma maison de disque Tru Thoughts en leur demandant de faire passer mon album à Adrian. Je tenais absolument à ce qu’il me donne son avis. Ça semble un peu prétentieux dit comme ça, mais si tu ne demandes pas, tu n’as rien ! Je pense que c’est important d’aller à la rencontre des autres, d’avoir cette soif de travailler avec des gens talentueux.  Rencontrer des producteurs de hip hop, de drum’n bass, d’électro, c’est aussi une bonne manière de se renouveler et de découvrir de nouvelles facettes de soi.

Au fil des albums et des rencontres ta musique a beaucoup évolué,  quelle direction vas-tu prendre ensuite ?
Je suis super excitée car mon nouveau projet est une collaboration avec le producteur hip hop Bluestaeb de Jakarta Records à Berlin. J’aime beaucoup ce qu’il fait c’est très novateur, à la fois électro et hip hop. On a enregistré aux studios Redbull à Berlin fin 2016 et on est en train de faire le mix, l’album devrait bientôt sortir.

Qu’est-ce qui t’inspire pour l’écriture des textes ?
Quand j’ai débuté, je me censurais régulièrement. Mais au fil des albums j’arrive de mieux en mieux à retranscrire ce que je ressens, honnêtement et sans filet. J’aborde aisément les thèmes des relations humaines, du sexe, parfois même de la politique. Ma vie est ma première source d’inspiration, c’est comme un journal intime quelque part. J’utilise déjà mes mots et mes expressions, alors pourquoi ne pas raconter ma propre histoire ?

Avec qui aimerais-tu collaborer ?
Je dirai d’abord Erykah Badu, j’adorerais faire une première partie pour elle. En deuxième je choisirai Bob Marley, bien qu’on ne joue pas du tout la musique… Mais il a fait tellement pour la Jamaïque ! Et pour finir, Ella Fitzgerald ou Billie Holiday, pour prendre un artiste plus jazz… Ce sont des artistes majeurs, qui pourtant ont dû bataillé tous les jours parce qu’elles étaient noires. J’ai un énorme respect pour elles.